Extrait du Journal de la Haute-Marne du 13 octobre 1997 - Article écrit par Jérôme Gorgeot

Internet : Philippe Adang, de Bouzancourt, est présent sur le Net. Son objectif : venir en aide à ceux qui, comme lui, souffrent d'un handicap physique.

Philippe Adang combat les handicaps
sur le Net

Croyez-vous que Philippe Adang, à cause de son fauteuil roulant, a renoncé à avoir le monde à portée de main ? A l'heure d'Internet ? Ce serait bien mal connaître le personnage...

"Internet, à quoi ça sert, au juste ?". Quel internaute n'a jamais été sommé par un ami ou un voisin de répondre à cette irritante question ? Les réponses ne manquent pourtant pas ! Prenons un exemple : imaginez que vous soyez cloué sur un fauteuil roulant depuis plus de vingt ans et que vous habitiez Bouzancourt, une localité d'une cinquantaine d'habitants, proche de Cirey-sur-Blaise. Imaginez, en outre, que vous ne soyez pas un ours mal léché et que vous ne détestiez pas faire de nouvelles connaissances, vous ouvrir sur le monde. Vous vous retrouveriez alors dans une situation étonnamment proche de celle de Philippe Adang.

Du bon vieux Victor au Net

Cet ancien militaire de l'armée de l'air, qui fêtera ses 44 ans en décembre, a trouvé dans Internet une solution à de nombreux problèmes. "Tout seul à la maison, mon épouse travaillant la journée, je m'ennuyais ferme" raconte Philippe.

Combatif de nature, il se refuse à rester sans occupation et se tourne très vite vers l'informatique. Nous sommes alors vers 1982 et le Haut-marnais s'offre un petit bijou (pour l'époque) : un Victor Lambda.

"Cela fonctionnait avec un lecteur de cassettes, se souvient amusé Philippe. Mais souvent, il y avait des problèmes et il fallait y aller avec un tournevis... ".

En 1984, Philippe fat l'acquisition d'un Apple IIc et ne se convertira au PC que vers 1993 ; "Avec les PC, on peut bidouiller, décortiquer ; tout ce que j'aime ! Avec le Mac, c'est beaucoup moins évident".

Bref, tout ceci pour expliquer qu'entre les ordinateurs et lui, c'est une vieille histoire d'amour.

Fanny Voguet pour modèle

Sa "liaison" avec le web, en revanche, est un peu plus récente, puisqu'elle remonte à environ six mois. Mais très vite, Philippe veut "maîtriser le truc", cette nouvelle fenêtre sur le monde qui s'offre à lui. "J'ai acheté pleins de magazines pour tenter de me familiariser avec le langage html, être capable de créer mes propres pages. Le grand moteur, ce qui m'a motivé, c'est Fanny Voguet ; je me suis dit : "mince, une fille de 16 ans y arrive et moi, je ne suis pas capable de suivre ! ". J'admire beaucoup Fanny d'ailleurs et j'aimerais bien la connaître".

Un site pour l'APF 52

Mais justement, à propos de gens admirables, un internaute qui consacrerait sa toute première page web personnelle à la branche haut-marnaise de l'association des paralysés de France, ne serait-il pas lui-même franchement admirable ? Philippe justifie sa démarche ainsi : "Internet, c'est aussi un outil pour aider les gens, faire connaître les problèmes des handicapés à l'extérieur. Parmi les idées que je défends : convaincre les chefs d'entreprise qu'ils ne doivent pas hésiter à embaucher une personne handicapée, qui peut être aussi efficace qu'une autre et aussi rentable, de plus, il y a des aides intéressantes. Avec le Net, on peut contribuer à faire passer le message ! ".

Informer les handicapés

Avec le Net, Philippe Adang peut dialoguer avec d'autres sur des thèmes qui lui tiennent particulièrement à coeur tels que le maintien à domicile, les difficultés que peuvent rencontrer les handicapés avec l'administration, etc... "Les handicapés eux-mêmes sont souvent peu et mal informés sur leurs droits, les possibilités d'acquisition en matériel. Moi, par exemple, j'utilise un soulève-malade pour me coucher ou me lever. C'est extrêmement pratique. Or beaucoup de personnes ne savent pas que ce type d'appareil existe".

Philippe se considère "comme un privilégié", parce qu'il a une épouse, qu'il peut vivre chez lui... Avec Internet, il espère, à son niveau, aider les autres handicapés à sortir de l'oubli, à être moins coupés du reste de la population comme c'est hélas trop souvent le cas. Vous trouvez cela louable ? Connectez vous sur son site personnel et dites-le lui !

Jérôme Gorgeot - JHM 13/10/97

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