HANDICAP et PROJET PROFESSIONNEL


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Un témoignage plus récent (mars 2009) est disponible sur le site Paratétra Ecoute Infos de l'APF : http://www.paratetra.apf.asso.fr/ (cliquer sur Témoignages puis Portraits)

Les débuts

Suite à un accident de la circulation survenu en 1973, je me suis retrouvé à 20 ans cloué sur un fauteuil roulant, et surtout privé de l'usage de mes mains (tétraplégie). J'étais alors jeune sous-officier technicien de l'armée de l'Air, engagé depuis deux ans et trois mois.

Après ma rééducation en centre spécialisé et de retour à la maison, le temps s'annonçait très long. Mon épouse, rencontrée au centre et mariés depuis peu, était absente pour son travail une grande partie de la journée : j'étais livré à l'inactivité, avec les conséquences néfastes que cela pouvait entraîner sur le moral...

J'ai alors essayé quelques cours par correspondance, sans conviction, pour passer le temps, avec d'énormes difficultés pour manipuler les supports de cours et rédiger les devoirs.

Assis sur le fuselage de l'avionTechnicien de par ma formation militaire, j'ai choisi d'approfondir mes connaissances en électricité, puis m'orientai vers l'électronique. Ayant trop de problèmes pour réaliser les montages (photo ci-dessous, 1978, je travaille sur un petit circuit électronique, le fer à souder est coincé sous une pile de livres, je tiens la soudure entre les dents), pourtant très intéressants, j'ai été ravi de pouvoir m'offrir un des tout premiers micro-ordinateurs familiaux, en 1982, un Victor Lambda, dont il fallait sans cesse rectifier le réglage de la cassette (ce que j'accomplissais avec un micro-tournevis serré entre les dents et beaucoup de patience).

Les performances de ce jouet étaient très limitées (l'affichage sur le téléviseur familial était de 12 lignes de 17 caractères), mais ce nouveau passe-temps devint vite une passion, surtout parce qu'il y avait peu de manipulations et qu'avec un simple outil fixé à la main, les quelques mouvements de bras qui me restaient me permettaient de taper, sur le clavier rudimentaire, les commandes nécessaires au fonctionnement de la machine. Je pouvais enfin agir sur quelque chose qui réagissait en conséquence, ce qui a bien réduit ma frustration de paralysé.

Soudage électroniqueUn peu plus tard, le prix des micros ayant baissé, j'ai évolué vers un Apple IIc, puis branché un minitel à cette machine géniale.

Correspondre en direct sur minitel aurait été trop onéreux. Avec mon équipement, je composais les messages hors connexion, puis les enregistrais sur l'ordinateur, pour les envoyer, groupés (un peu comme la messagerie d'Internet aujourd'hui), à leurs destinataires. Ces derniers pouvaient les trouver dans leur boite aux lettres (bal) virtuelle lors de leur connexion suivante, une heure, un jour ou une semaine plus tard. Leurs réponses étaient stockées dans ma propre bal et attendaient ma prochaine connexion.

J'ai alors fait l'acquisatioàn d'un Mac Intosh Classic II. Cet engin beaucoup trop fermé (informatiquement parlant) m'a vite fait regretter l'Apple IIc, sur lequel j'ai quand même découvert le langage machine (code 8080) et aligné quelques lignes d'assembleur...

La première formation

Est-ce à cette période que l'idée de retravailler a germé dans mon esprit ? Toujours est-il que, grâce à unpetit article paru dans ma revue préférée (LE POINT CARRE, Revue du Club des Loisirs et d'Entraide de L'Hôpital Raymond Poincaré de Garches) et à une personne très motivée, j'ai pu participer en 1993/94 à une formation professionnelle à domicile (bureautique, nouvelles technologies applicables au secteur tertiaire, télétravail). Ce formateur , qui doit être aujourd'hui en retraite quelque part en Italie, est venu de Paris, envoyé par l'Institut PolyInformatique, installer chez moi (250 km) une configuration informatique (micro-ordinateur compatible PC, imprimante, modem) et je travaillais, ainsi que les neuf autres stagiaires du groupe "Horizon", à mon rythme. Chacun restait en contact télématique avec le "prof" et les autres élèves. La formation s'étant prolongée par des stages en entreprises (voir mon C.V. ), j'ai continué à travailler avec l'une d'elles jusqu'en 1997, par périodes de 2 ou 3 mois par an, toujours sans sortir de chez moi, ce qui m'a permis de financer et de mettre à jour ma configuration. Cette expérience m'a fait prendre conscience que j'étais peut-être capable d'exercer une véritable activité professionnelle. De là à trouver un emploi... restait le problème des déplacements.

Outil pour clavierEntre temps, j'ai découvert Internet et j'ai commencé à "surfer", d'abord de temps en temps, dans les limites de mes finances, car l'accès et les communications étaient chers, puis un peu plus régulièrement. Les tarifs sont ensuite devenus plus abordables, mais il fallait encore se limiter.

Isolé géographiquement (village de 50 habitants) et limité dans mes déplacements, je n'étais plus seul. Je pouvais relativiser mes difficultés par rapport à celles des autres. Je pouvais communiquer avec le monde entier. Je pouvais rencontrer virtuellement des personnes qui avaient des problèmes ou des besoins identiques aux miens, nous pouvions échanger nos impressions sur des thèmes communs (le handicap, la technique, etc.). Cela m'a valu un article élogieux dans le Journal de la Haute-Marne, le 13/10/97 (merci Jérôme, et au diable la modestie !).

Par ailleurs, il m'a fallu acquérir quelques bases pour créer mon propre site (que vous consultez actuellement). J'ai trouvé sur Internet les cours nécessaires. Il en existe d'ailleurs dans tous les domaines et de plus en plus en français. Il suffit de transférer des fichiers informatiques. C'est plus économique que de commander un bouquin (surtout sans l'avoir vu parce qu'on ne peut pas se rendre à la librairie !). J'ai aussi créé une page à l'attention de la délégation APF de Haute-Marne (page qui n'existe plus aujourd'hui), lui donnant ainsi un bon coup de main. C'était très valorisant.

Avec quelques amis, nous avons créé une association qui fonctionnait principalement grâce à Internet, Vas-Y :

Vivre Avec Son handYcap. Le contact avec celles qui existaient déjà nous évitera de réinventer la roue !

Mon idée de reprendre une activité professionnelle se faisant de plus en plus présente, j'ai contacté la Cotorep en juillet 1997 et commencé les premières démarches pour suivre une formation plus valorisante. C'était un projet difficile, parsemé d'embuches, dont l'issue était aléatoire.

Etapes du Projet professionnel

Juin 1997 : premiers contacts avec le Centre de Formation et de Reclassement Professionnel de Mulhouse (dont je connais la partie Centre de Réadaptation Fonctionnelle pour y avoir fait ma rééducation après l'accident en 1974/75) qui m'envoie une documentation et m'explique les démarches à effectuer.

Juillet 1997 : dépôt de la demande d'inscription auprès de la COTOREP (ancètre de la MDPH) de Chaumont (COmmission Technique d'Orientation et de REclassement Professionnel), organisme dépendant de la Direction Départementale du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle.

Août 1997 : visite médicale à la Médecine du Travail (bon pour le service).

Promenade dans la natureOctobre 1997 : premier entretien avec la psychologue du travail à l'AFPA de Saint-Dizier. Les locaux n'étant pas accessibles, je suis autorisé à utiliser l'ancienne loge du gardien. Une paire de planches me permettront de franchir l'unique marche. Je subis un test de compréhension de texte écrit.

Du 20 au 23 janvier 1998 : journées de pré-accueil au Centre de Mulhouse. Une chambre est mise à notre disposition, mon épouse qui m'accompagne pourra s'occuper de moi (je suis dépendant d'une tierce personne pour les actes de la vie quotidienne). Je rencontre l'équipe de suivi de formation (médecin, psychologue, formateur, ergothérapeute) qui décide, au terme du séjour, que je suis apte à suivre une pré-orientation de trois mois. Ce sera à partir du 11 mai 1998. Le pré-accueil dure deux jours, mais le centre m'a permis d'arriver la veille et de repartir le lendemain. Toutes les dispositions ont été prises pour faciliter mon stage (hébergement, soins, repas, entretiens, tests...).

26 janvier 1998 : tests de connaissances et de logique à l'AFPA de Saint-Dizier. Une personne en CES est mise à ma disposition, pendant toute la durée de l'épreuve, pour pallier ma déficience physique (comme tourner les pages des fascicules, appuyer sur les touches de la calculette).

13 février 1998 : tests de connaissance, suite et fin.

19 février 1998 : je reçois le Compte Rendu du bilan d'orientation, très favorable.

11 mai 1998 : entrée en Préorientation au Centre de Formation de Mulhouse pour une durée prévisible de 3 mois.

4 juillet 1998 : fin de la période de Préorientation. Deux mois auront suffi pour évaluer mes capacités physiques et intellectuelles.

7 septembre 1999 : entrée en Formation Professionnelle au Centre de Formation de Mulhouse pour une durée de 16 mois, en interne.

26 janvier 2001 : remise du diplôme de

TECHNICIEN SUPERIEUR EN INFORMATIQUE DE GESTION

ETUDES et DEVELOPPEMENT (T.S.I.G.-E.)

Février 2001 : début de la recherche d'un emploi en vue de la réinsertion dans le monde du travail... La galère !

Au boulot feignant, la France a besoin de toi !Juillet 2001 : rencontre avec Marie-Hélène Burgeat, artiste peintre.

Septembre 2001 : une communauté de communes me confie l'étude de la création de son site web, sous forme de mission, pas d'embauche. Statut juridique choisi : le portage salarial.

Octobre 2001 : Marie-Hélène Burgeat réalise des graphismes de qualité... Et si nous unissions nos compétences ? C'est le début d'un partenariat.

Mai 2002 : premier contrat ! Par l'intermédiaire du portage salarial, je réalise l'étude de faisabilité du site Web du Pays du Der.

Octobre 2002 : début de la réalisation du site. Un contrat de trois mois est signé.

Février 2003 : la réalisation se prolonge, mon contrat également...

Mars 2003 : le site, bien qu'encore en construction, devient accessible au public.

Quelques années s'écoulent. Après quelques périodes de travail de quelques mois chacune à temps plein, j'opte pour le temps partiel et aligne 2 ans et 8 mois sans discontinuer.

Avril 2007 : je réalise que je ne gagne pas d'argent : mon salaire est pratiquement égal à l'allocation d'invalidité, suspendue. Le moral en prend un coup, s'ajoutent des problèmes de santé et familiaux, je renonce à l'activité professionnelle. Par ailleurs, ma fonction de représentant départemental de l'APF me prend de plus en plus de temps et d'énergie.

Juillet 2007 : pour une personne handicapée, avoir travaillé et se retrouver au chômage devient vite insuportable. Néanmoins, mes compétences sont insuffisantes pour être autonome. Je fais une demande d'orientation professionnelle à la MDPH pour une nouvelle formation.

Décembre 2007 : la CDAPH m'accorde l'orientation professionnelle ! Je dois encore passer des tests psychotechniques à l'AFPA : "Attendez d'être convoqué !". La convocation arrivera quelques semaines plus tard : rendez-vous le 10 mars 2008 !

10 mars 2008 : panne de voiture, impossible de me rendre à l'AFPA. Nouveau rendez-vous pris pour le 24 avril...

Le rendez-vous du 24/04/2008 à l'AFPA s'est bien passé. Néanmoins le conseiller a jugé qu'une formation en graphisme n'était pas justifiée...

Fin du projet professionnel

Un peu plus tard, les problèmes de santé semblent s'installer définitivement. Difficile dans ces conditions de reprendre une activité professionnelle, les soins prennent trop de temps, ma capacité de travail est réduite.

Projet associatif

Décembre 2008 : je ne me représente pas aux élections du Conseil départemental de l'APF. Pour être efficace, il faut être bien équilibré dans sa tête et en ce moment ça vacille un peu.

Conséquences administratives

Juin 2009 : je me bats avec la CPAM pour récupérer des frais de transport. Cette caisse gère l'assurance maladie (à 65 %) de toute personne qui travaille et ce durant une certaine période après l'arrêt d'activité. Mon invalidité est toujours prise en charge par la caisse militaire de Toulon (CNMSS) mais uniquement pour le complément à 100 % (ticket modérateur). Ainsi, je dois adresser toutes mes feuilles de soins d'abord à la CPAM, qui prend en charge 65 %, puis adresser les relevés à un service spécial de la CNMSS qui rembourse le fameux ticket modérateur... Le hic, c'est que la CPAM ne reconnaît pas mon invalidité (elle ne peut pas être reconnue par deux caisses) et donc elle refuse la prise en charge de ces fameux frais de transport liés à l'invalidité. Je n'ai donc aucun relevé de remboursement, la CNMSS ne prenant en charge que les compléments de la CPAM, je n'ai pas de justificatif à lui adresser...

Les recours à la Commission de Recours Amiable (CRA) d'abord et au Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale (TASS juillet 2009) ensuite ont été rejetés. Peut-être que si j'avais pu me présenter au tribunal (novembre 2009), le juge, devant l'évidence de mon handicap, aurait pris une autre décision...

Parallèlement, suite à l'arrêt de mon activité professionnelle, je ne suis plus immatriculé à la CPAM. Je demande ma réintégration à la CNMSS.

Mon épouse, qui était mon ayant-droit, n'est plus immatriculée nulle part ! Désormais retraitée, elle doit demander son rattachement à la CPAM. Mais pourquoi ne pas dire à chaque nouveau retraité qu'il doit modifier son régime de sécurité sociale ? Mais non, l'administration française préfère laisser les citoyens deviner la loi. C'est seulement après plusieurs mois de réclamations qu'elle recevra sa carte vitale et pourra à nouveau se faire soigner.

Hébergement temporaire

Ce projet d'hébergement temporaire trotte dans ma tête depuis longtemps. En janvier 2009, j'ai entamé les démarches pour le concrétiser. Le but est double, accorder un temps de répit à mon épouse (qui assure seule mes soins quotidiens depuis notre mariage en 1975) et mesurer mes capacités d'autonomie dans un foyer d'accueil pour personnes handicapées moteur.
J'ai choisi la Résidence André Roche (8 place Maillol 10000 TROYES) pour sa bonne réputation et parce que c'est le foyer de vie le plus proche de chez moi (il n'existe aucune structure de ce type en Haute-Marne). Je l'ai visitée plusieurs fois.

Avril 2010

Vous trouverez la suite de mes aventures à la page récits...

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 Dernière mise à jour : 25/09/2012
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à Serge